Faire attention

Pour une nouvelle politique éducative

 



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FAIRE ATTENTION


Pour une nouvelle politique éducative


Appel de citoyens, de parents, d’éducateurs, d’élèves et d’étudiants

au Président de la République et à l’Assemblée Nationale.




En Europe, « entre 1/3 et 2/3 des enfants ont désormais la télévision dans leur chambre, selon les pays et les milieux sociaux (près de 75% dans les milieux défavorisés en Angleterre). Ces chiffres s'appliquent aux enfants entre 0 et 3 ans ». (Cf Children and young people in their changing media environment, édité par Sonia Livingstone et Moira Bovill, Erlbaum ed, Mahwah, N.J et Londres, 2001).
Aux Etats-Unis, dès l’âge de trois mois, 40% des bébés regardent régulièrement la télévision, des DVD ou des enregistrements vidéo, la proportion passant à 90% à partir de deux ans : c’est ce qu’a révélé au début du mois de mai 2007 une enquête conduite par Frederic Zimmerman, publiée par la revue Psychiatrics, confirmant les résultats d’une étude qui avait établi en 2004 que des bébés exposés entre un an et trois ans aux programmes de télévision sont plus exposés au risque de souffrir d’un déficit attentionnel (attention deficit disorder) lorsqu’ils atteignent sept ans.
Lorsque, il y a presque deux ans (au mois de septembre 2005), l’INSERM avait cru pouvoir publier en France les résultats d’une enquête sur les troubles de l’attention, et sur ce qui en résulte souvent sous la forme d’un trouble des conduites, il apparut que pratiquement aucune attention n’avait été accordée, au cours de cette étude, aux effets ruineux de l’industrie télévisuelle et audiovisuelle sur les toutes jeunes consciences. A ces causes, qui sont sociales et culturelles, l’INSERM avait cru trouver au contraire des bases génétiques. Cela avait conduit cet institut à préconiser un dépistage dès l’âge de trois ans des enfants supposés être prédisposés à l’adoption de comportements anti-sociaux.
Ce que confirme en 2007 la dernière étude publiée sur ce sujet par Psychiatrics, c’est que les comportements anti-sociaux liés au déficit attentionnel sont pour une très large part ce que suscite l’incurie d’une organisation sociale devenue ruineuse pour la vie de l’esprit parce qu’elle maltraite les consciences, et en particulier les plus jeunes, et donc les plus fragiles : celles dont il faut le plus prendre soin, et auxquelles il faut consacrer la plus grande attention à travers ce que l’on appelle l’éducation. Ce que fait apparaître cette étude, c’est que l’industrie télévisuelle détruit l’éducation.


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Car l’attention n’est pas une faculté simplement psychologique : c’est une compétence sociale, qu’il faut acquérir, et c’est la responsabilité des éducateurs, parents aussi bien que professionnels, de la former. Depuis Jules Ferry, qui généralisait ainsi une tâche que s’assignaient auparavant les Eglises, l’école s’est vue confier par l’Etat-Nation le rôle de former l’attention, en particulier par l’acquisition des disciplines de l’esprit attentif à ses objets selon les règles des savoirs élaborés et transmis de génération en génération.
Cependant, après la deuxième guerre mondiale, le système éducatif et les médias audiovisuels sont entrés en concurrence pour capter l’attention des générations nouvelles. À partir de la fin du XXè siècle, cette concurrence est devenue, sous la pression du marketing, un véritable conflit, dont le résultat présent est un désastre psychologique, affectif, culturel, économique et social. Et il ne fait pas le moindre doute que les carences attentionnelles provoquées par la captation audiovisuelle de l’attention conduisent à une fragilisation des liens sociaux telle qu’elle ne peut qu’engendrer une insécurité généralisée.
L’étude du Dr. Zimmerman montre que la captation de l’attention par les technologies audiovisuelles conduit à la destruction de cette attention. Là où la famille et l’école en charge d’éduquer les enfants et la jeunesse forment leur attention aussi bien au plan psychologique (comme faculté de concentration) qu’au plan social (comme capacité à prendre soin de soi-même, des autres et du monde au sein duquel il n’est possible de vivre ensemble qu’à la condition de se porter mutuellement attention), les industries audiovisuelles la déforment au point parfois de l’anéantir – au risque, d’ailleurs, de s’anéantir elles-mêmes, car le zapping généralisé les condamne, comme il condamne toute estime de soi et toute dignité humaine.
Ce que les parents et les éducateurs forment patiemment, lentement, dès le plus jeune âge, et en se passant le relais d’années en années sur la base de ce que la civilisation a accumulé de plus précieux, les industries audiovisuelles le défont systématiquement, quotidiennement, avec les techniques les plus brutales et les plus vulgaires – tout en accusant les familles et le système éducatif de cet effondrement. Et il faut ici rendre hommage aux éducateurs et aux enseignants qui n’ont pas renoncé à lutter contre cette organisation industrielle de l’incurie.
C’est cette incurie qui constitue la cause première de l’extrême affaiblissement des établissements d’enseignement aussi bien que de la fragilisation familiale. Dans un contexte où le « temps de cerveau disponible » est devenu une simple marchandise, les établissements d’enseignement et les structures éducatives se désagrègent les unes après les autres.
Or, avec l’enseignement et l’éducation, c’est le monde lui-même qui pourrait finir par s’anéantir à son tour.


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Le 6 mai 2007, au soir de son élection, le nouveau président de la République Française, Nicolas Sarkozy, a déclaré qu’au cours de son mandat, la France ferait du salut de la planète confrontée au réchauffement climatique la première de ses priorités. Nous nous en réjouissons très vivement. Et nous voulons ici attirer son attention, et celle de la population et des nouvelles autorités publiques, sur le fait que la seule possibilité de changer le cours catastrophique des choses induites par la production excessive de dioxyde de carbone est de modifier les comportements individuels et collectifs, et d’inventer un nouveau mode de vie tout aussi bien qu’une autre organisation de l’économie industrielle.
"La démocratie est en danger", écrivait récemment l'ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore dans le magazine Time, "non pas à cause d'une idéologie, mais en raison de changements sans précédent dans l'environnement tels que les idées peuvent soit vivre et se diffuser, soit dépérir et mourir. Je ne parle pas de l'environnement physique. Je parle de ce que l'on appelle l'espace public, ou le forum des idées. ... La République des Lettres a été envahie et occupée par l'empire de la télévision. Radios, Internet, films, téléphones mobiles, ipods, ordinateurs, jeux vidéos et PDA se font désormais concurrence pour capter notre attention - mais c'est toujours la télévision qui domine le flux d'information."
Modifier les comportements en vue de réduire la production de dioxyde de carbone ne sera possible qu’à la condition de revaloriser très spectaculairement la formation de l’attention. Depuis la société grecque, et, dans nos sociétés industrielles, grâce à l’instruction obligatoire, instituée par Jules Ferry pour ce qui concerne la France, l'éducation scolaire est le socle et le meilleur garant de la formation de l'attention. Sans doute le nouveau modèle industriel requis par la lutte contre le réchauffement climatique passe-t-il aussi bien par des investissements dans la recherche et l’innovation industrielle que par une politique fiscale. Mais de telles mesures ne sauraient remplacer la formation d’une plus grande attention au monde qui en est le préalable – y compris pour soutenir les nouveaux marchés de la nouvelle industrie.
Questions environnementales, politique industrielle, politique éducative, règles encadrant les médias de masse et politique des nouveaux médias constituent une seule et même question. Nous pensons qu’un très large débat doit être ouvert – selon ces perspectives, qui ouvrent vers un nouveau projet de société industrielle – sur la question de la formation, de la protection et du développement de l’attention dans la société des risques globaux. Ce débat doit être lancé dès maintenant, dans tout le pays, notamment dans le contexte de la campagne électorale qui commence en vue des élections législatives, puis, cet automne, sous l’autorité du nouveau gouvernement.
Un tel débat devrait en particulier apporter des éléments en vue de prendre des décisions pour ce qui concerne :



  • les missions qu’il convient d’assigner aux médias, en particulier dans un contexte où ils sont appelés à se transformer en profondeur du fait de la numérisation, pour favoriser la reconstruction de l’attention et stopper leurs effets ruineux sur les missions d’éducation,

  • les relations qui doivent être organisées et régulées par les autorités publiques entre l’éducation et les médias ainsi respectivement missionnés dans le cadre d’un cahier des charges commun,

  • les nouvelles missions qu’il convient d’assigner à l’école et au système éducatif pour faire ainsi des médias non plus leurs adversaires, mais leurs instruments de travail – tout comme l’édition scolaire aura été longtemps l’instrument de base et d’unification de l’enseignement de l’Etat-Nation, et tout comme l’édition des livres et la presse écrite ont été et demeurent à la base de la connaissance de ceux que l’on nomme pour cette raison des lettrés – et nous entendons par là des « non-illettrés »,

  • les activités de recherche fondamentale qu’il convient d’engager sur ces sujets, et les missions corrélatives qui doivent être confiées aux universités et aux organismes de recherche en ces domaines,

  • les fonds d’aide aux programmes de recherche et de développement technologique et industriel qu’il faut mettre en place pour que se déploie en France et en Europe une industrie de la connaissance digne de ce nom.


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Que l’on doive réformer nos établissements d’enseignement est évident. Mais une telle réforme ne peut être pensée que depuis la réforme des industries de programmes qui seule la rendra possible. Et c’est d’autant plus nécessaire et urgent que celles-ci entrent en ce moment même dans la mutation qui est engendrée par les réseaux numériques.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics, qui sont en charge de l’éducation nationale aussi bien que de la régulation des industries de programmes, ont aujourd’hui l’extraordinaire opportunité de faire en sorte que cette profonde évolution donne à notre société la chance de reconstituer l’attention qui se forme à travers l’éducation.
Un nouveau président de la République vient d’être élu en France, qui a affiché très clairement sa volonté d’agir en créant un ministère d’Etat dont le développement durable constitue la mission première. Une nouvelle Assemblée Nationale va être mandatée sous peu. En outre, la France présidera à partir du mois de juillet 2008 l’Union Européenne. Nous appelons dès maintenant les nouveaux responsables qui auront été désignés à la suite de ces scrutins à organiser au plus vite, et en relation avec tous les pays de l’Union Européenne, un débat public sans tabous sur les enjeux de la destruction de l’attention induits par le développement incessant d’industries audiovisuelles en pleine mutation. Ce débat est d’autant plus urgent que la mise en œuvre d’une politique industrielle des technologies de la connaissance est au cœur de la stratégie de Lisbonne définie par José Barroso, président de la Commission Européenne.




N
ous appelons en conséquence la population française, la population européenne et l’opinion publique internationale, et en particulier les parents, les éducateurs et les professionnels de la santé et de la jeunesse, à signer et à faire signer cet appel.







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TAKING CARE

For a new politics of education



A call to citizens, parents, educators, pupils and students, as well as to

the President of the Republic and to the National Assembly






In Europe, “between one and two thirds of the infant population have TV in their bedrooms, depending on the country and the social status (almost 75% in among the lower social levels in England). These figures apply to infants between the ages of one and three.” (Children and young people in their changing media environment, edited by Sonia Livingstone and Moira Bovill, Erlbaum editions, Mahwah, New Jersey and London, 2001)
In the United States 40% of three month old infant are already watching television, DVD’s and video recordings. When they have reached the age of two, the percentage of the infant population has swollen to 90% : these are the results of a study conducted by Frederic Zimmerman, published in May 2007 in Psychiatrics, results which confirm those of a 2004 study showing that infants exposed between the ages of one and three to television programs are more exposed to the risk of developing attention deficit disorder when they have reached the age of reason
Almost two ago (in September 2005), INSERM came out in a French publication with the results of a study on attention disorders, and the resulting disorders in behaviour. Now absolutely no attention was given to the disastrous effects of the television and audiovisual industries on these youthful minds. These causes, social and cultural in nature, were put down to genetic causes by the INSERM researchers. This led to the recommendation of running prognostic tests on children from three up for so-called predispositions to anti-social behaviour.

The survey published in Psychiatrics confirms that the anti-social behaviour due to attention deficit are to a considerable degree due to an organisation of society now deleterious for the life of the spirit because it maims minds, and especially young and therefore fragile minds: those specifically that must be nurtured, those that require the greatest attention through what is still called education. This study concludes that the television industries destroy education.



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Attention is not only a psychological faculty: it is a social skill that must be acquired, and educators (parents as well as professionals) must foster this skill. From Jules Ferry on down, the school system has been called upon by the nation-state to foster attention, especially in the guise of the acquisition of disciplines of the mind attentive to its objects following the rules of knowledge elaborated and transmitted from generation to generation.
However, in the aftermath of the Second World War, the educational system and the audiovisual media became competitors for the attention of future generations. By the end of the twentieth century, this competition has become, under the pressure of marketing techniques, a full-fledged conflict whose result today is a psychological, affective, cultural economic and social disaster. And there is no doubt about the link between attention disorders provoked by the audiovidual capitation of attention, and the fragilization of social bonds resulting in turn in generalized insecurity.
Dr. Zimmerman’s study shows that the capitation of attention by audiovisual technologies leads to the destruction of this attention. On the one hand, we have the work of the family and our schools entrusted with the mission of fostering attention both psychologically (as the faculty of concentration) and socially (as the capacity of caring for oneself, for others and for the world in which life together is possible only providing such attention and care take pride of place), but on the other we have the audiovisual media deforming it and sometimes eradicating it – with the corresponding risk that they eradicate themselves, for zapping signs their end, just as it signs the end of all self-esteem and all human dignity.
That which parents and educators form patiently, slowly, from birth, and thus forming a chain year in and year out of what civilization has accumulated down through the generations, the audiovisual industries sunder this chain with systematic and daily “care” that is, with the most brutal and the most vulgar of techniques, while placing responsibility for this destruction in families and the educational system.
This is the rottenness which is the main cause of the extremely poor shape of our educational establishments as well as of the sorry shape of the family circle. In a context of “available brain time” having become a commodity, educational establishments and educational structures, one after the other, one by one across the board loose their cohesive power and disintegrate. On this road the world itself would soon follow suit.


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On election night, May 6th 2007, the new President of the French Republic, Nicolas Sarkozy, declared in his acceptance speech that France would make its top priority the safeguard of the planet confronted with global warming. We are overjoyed at this, and express our gratitude to the President. But we would like to call to his attention, as well as that of the population and the new government authorities, that the only possible way of changing the way things are going (the coming catastrophe caused by the excessive production of carbon dioxide) is by changing individual and collective behaviour, and by inventing a new way of life as well as a new organisation of the industrial economy.
Al Gore, the former Vice-President of the United States of America, has recently stated in the pages of Time magazine, that “American democracy is now in danger – not from any one set of ideas, but from unprecedented changes in the environment within which ideas either live and spread, or wither and die. I do not mean the physical environment; I mean what is called the public sphere, or the marketplace of ideas. The Republic of letters has been invaded and occupied by the empire of television. Radio, the Internet, movies, cell phones, ipods, computers, instant messaging, video games and personal digital assistants all now vie for our attention – but it is television that still dominates the flow of information.” Changing behaviour so as to reduce the production of carbon dioxide is only possible assuming a spectacular re-evaluation of the formation of attention. From ancient Greece to our industrial societies, education – in the case of France mandatory education implemented by Jules Ferry – has been the corner-stone and the guarantee of this formation. The new industrial model required by the struggle against global warning is obviously a question of investment in industrial research and innovation, as well as one of revised fiscal policies. But such measures will never replace the formation of a greater attention and care for the world which is their pre-requisite – including everything required to bolster the markets of the new economy.
Environmental questions, an industrial politics, a politics of education, rules for the mass media and a politics for the new media: this is finally the same question. Therefore we believe that a large debate should be held on the basis of these perspectives, opening onto a new project for an industrial society, centred on the question of the formation, the protection and the development of attention in a society of global risks. This debate should take place immediately, in all countries, and especially in the electoral context in France prior to the legislative elections and, in the fall, under the authority of the new government.
Such a debate should help to garner elements in view of deciding the following issues:



  • the missions to assign to the media, in particular in a context obliging them to consent to profound transformations brought on by digitization, so as to foster the reconstruction of attention and to put a stop to their deleterious effects on the missions of education,

  • the relations that must be created by public authorities between education and the media with their respective missions set out in clear specifications,

  • the new missions to be assigned to the educational system so that the media will no longer be their adversaries but their instruments of research – just as school publishing was for so long a time the fundamental instrument and means of unification of the education in the nation-state, and just as book and press publications have always played a key role in the knowledge of those we name scholars – in our sense all those who are not illiterate,

  • the activities in fundamental research that must be undertaken on all these subjects, and the corresponding mission to be assigned to universities and research organisations in these fields,

  • the research funds to be voted for the technological and industrial development necessary for a proper industry of knowledge in France and Europe.




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There is no doubt that we need to reform our educational systems. But such a reform can only be thought on the basis of a reform of program industries which alone can make it happen. This is all the more necessary and urgent in view of the mutation they are undergoing due to the digital networks.
In such a context, the administrations in charge of national education as well as of the regulation of the program industries today have a golden opportunity to drive this mutation in the direction of the reconstitution of attention shaped and fostered by education.
We have a new President in France, who has clearly stated his intention of creating of ministry for sustainable development. A new national assembly will soon convene. In July 2008, France will assume the presidency of the European Union. We call on these new actors to organise urgently, in relation with all European Union members, a public debate with no holes barred on the stakes of the destruction of attention brought about by the constant development of constantly mutating audiovisual industries. This debate is all the more urgent given the fact that the implementation of an industrial politics of knowledge technologies is a key element in the Lisbon strategy as set out by José Barroso, president of the European Commission.




We therefore call the French population, the European population and international public opinion, and in particular parents, educators and the specialists in health care and youth activities, to sign (and have signed) this call to action.









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